Comprendre la surcharge sensorielle : un mal invisible

Comprendre la surcharge sensorielle : un mal invisible

Un bruit de chaise qui grince, une lumière trop forte dans un magasin, le "ding" des notifications qui s'enchaînent, les odeurs dans la rue, le monde dans les transports…

Pour beaucoup, ces situations sont simplement désagréables. Pour d'autres, elles peuvent devenir épuisantes, voire impossibles à supporter. Et cela peut être dû à la surcharge sensorielle.

Elle touche de nombreuses personnes, autant des personnes neuro-atypiques (TSA, TDAH, hypersensibilité), des personnes anxieuses, mais peut aussi arriver lors de périodes de stress intense ou avec la fatigue.

On ne s'en rend pas forcément compte, mais si on l'identifie, si on la comprend et qu'on a des outils pour y faire face, on peut éviter de nombreux désagréments !

Qu'est-ce que la surcharge sensorielle ?

Notre cerveau reçoit en permanence des informations sensorielles : sons, lumières, mouvements, odeurs, textures, conversations, vibrations… En temps normal, il trie ces informations pour nous laisser que les plus importantes.

Par exemple dans un bar plein de monde, la plupart des personnes arrivent à se concentrer sur la conversation qu'elles ont avec leur ami·e, ou au travail à faire abstraction de la lumière qui clignote et des conversations environnantes pour se concentrer sur leur tâche.

Mais chez certaines personnes, ce filtrage est plus difficile. Le cerveau reçoit tout "en même temps", avec une intensité parfois très forte. Résultat : le corps et l'esprit finissent par saturer.

La surcharge sensorielle peut provoquer :

  • une sensation d'oppression ;
  • de l'irritabilité ;
  • une grande fatigue ;
  • des difficultés à se concentrer ;
  • un besoin urgent de s'isoler ;
  • des crises d'angoisse ;
  • parfois même des douleurs physiques ou des pleurs.

Ce n'est pas "faire semblant", "être capricieux" ou "trop sensible". C'est une réaction réelle du système nerveux face à un trop-plein de stimulations.

Des situations du quotidien qui deviennent difficiles

Certaines expériences banales peuvent devenir très éprouvantes :

  • les supermarchés à cause de trop fortes lumières ;
  • les open spaces bruyants ;
  • les transports bondés ;
  • la rue avec ses odeurs et ses sons perpétuels ;
  • les conversations à plusieurs ;
  • les alarmes, sonneries ou notifications répétées ;
  • certaines matières ou vêtements.

Cela peut engendrer de l'isolement, l'impossibilité de sortir, d'aller travailler, car tout est trop dur à supporter.

 

Surcharge sensorielle : une réalité fréquente chez les personnes neuroatypiques 

La surcharge sensorielle est souvent évoquée dans les troubles du spectre de l'autisme (TSA), mais elle peut aussi concerner :

  • les personnes atteintes de TDAH ;
  • les personnes hypersensibles ;
  • certaines personnes anxieuses ;
  • les personnes en burn-out ou en fatigue chronique ;
  • parfois simplement après une journée fatiguante.

Et cela concerne les enfants, qui ont un cerveau en construction, pour qui la gestion des stimulations et des conséquences peuvent être plus difficile mais aussi les adultes !

Comment reconnaître une surcharge sensorielle ?

Les signes peuvent varier, mais on retrouve souvent :

  • une agitation inhabituelle ;
  • une envie de crier, de pleurer ;
  • l'impression de ne plus pouvoir rien gérer ou rien faire ;
  • des difficultés à parler ou réfléchir ;
  • une forte irritabilité ;
  • une sensation de "trop-plein" ;
  • des gestes répétitifs pour se calmer ;
  • une fatigue émotionnelle importante après certaines situations.

Chaque personne vit cela différemment, mais il est important de savoir que ça peut t'arriver pour comprendre comment te soulager.

Que faire en cas de surcharge sensorielle ?

Le plus important est souvent de ne pas minimiser ce que l'on ressent.

Quelques gestes simples pour soi

  • verbaliser : "j'ai trop d'informations", "j'ai besoin d'une pause", "peux-tu mettre ton téléphone en silencieux ?" ;
  • mettre un casque anti-bruit, des bouchons d'oreilles ou des écouteurs réducteurs de bruits ;
  • privilégier une lumière jaune tamisée ou baisser les stores ;
  • s'isoler, aller prendre l'air ;
  • faire de la cohérence cardiaque ;
  • utiliser des régulateurs sensoriels (lien vers les mini SAM).

Pour l'entourage

  • ne pas minimiser ;
  • éviter de parler trop vite ou trop fort ;
  • laisser un espace calme et respecter le besoin d'isolement ;
  • proposer des objets sensoriels apaisants

Vers des espaces plus inclusifs et plus doux

Aujourd'hui, de plus en plus de lieux commencent à réfléchir au confort sensoriel : salles calmes, horaires adaptés, espaces de pause, réduction des stimulations sonores ou visuelles.

Ces ajustements peuvent sembler petits, mais ils changent réellement le quotidien de nombreuses personnes et apaisent même les personnes qui ne pensent pas en avoir besoin (un bonheur d'aller dans les magasins quand il n'y a pas de musique).

Créer des environnements plus apaisants, c'est une manière de rendre nos espaces plus accessibles, plus humains et plus inclusifs.

Ressources utiles sur la surcharge sensorielle

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